La série The Outsider, adaptée de Stephen King, est enfin arrivée en France sur OCS. Voici mon avis sans spoiler.

Résumé : L’Outsider raconte l’histoire d’un enfant de 11 ans retrouvé dans le parc d’une ville, tabassé à mort. Les empreintes (et plus tard, l’ADN) sont sans conteste celles du coach de baseball le plus populaire de la ville, Terry Maitland, un homme à la réputation irréprochable, avec une femme et deux filles. Le détective Ralph Anderson, dont le fils a été entraîné par Maitland, ordonne une arrestation immédiate et publique. Il est emmené en prison, clamant son innocence. Maitland a un alibi infaillible, avec des preuves enregistrées qu’il était dans une autre ville quand le crime a été commis. Mais ça ne le sauve pas pour autant.

Les deux premiers épisodes de la série The Outsider sont disponibles sur OCS streaming depuis le 13 janvier. La mini-série en compte 10, un épisode sera dévoilé chaque lundi et aucune saison 2 ne devrait voir le jour : les 10 épisodes d’1h adapteront entièrement le roman de Stephen King.

“The Outsider est une des meilleures adaptations de mon travail. J’espère que vous la regarderez.” a déclaré Stephen King sur Twitter. Et après les deux premiers épisodes, il est aisé de comprendre pourquoi il pense ça.

D’abord, le casting tient ses promesses et jusqu’ici, aucune fausse note, même si tous les personnages ne nous ont pas encore été présentés. J’apprécie tout particulièrement Ben Mendelsohn dans le rôle de Ralph Anderson qui nous donne déjà un aperçu des nombreuses phases par lesquelles son personnage va passer, et qui demandent un grand talent de comédien.

L’occasion de mentionner une seule différence vraiment importante entre la série et le roman (légers spoilers dans la suite du paragraphe) : chez King, le fils de Ralph et Jeannie Anderson est en camp d’été au moment des faits. Dans la série, Derek est décédé d’un cancer. Les enjeux pour Ralph seront donc différents. Si au final on arrivera au même résultat, ses motivations varient : il arrête Terry Maitland devant tout le monde car il est persuadé de sa culpabilité, lui qui a entraîné son fils : il est émotionnellement impliqué. Et il partira en quête de la vérité pour se rattraper de ses erreurs, trouver un soulagement dans la mort de son fils, là où King aime simplement les personnages qui ont un goût aiguë pour la justice.

The Outsider est une série qui se veut moderne, les choix d’image et de musique créent une tension amenée avec justesse. Une musique bien composée mais qui, si on y prête trop attention, pourrait donner trop d’indices sur des moments clés en gâchant certaines surprises avec la montée en tension.

Je pourrai décerner un petit bémol, peut-être, au premier épisode pour les nombreux flash-back qui ne sont pour moi pas toujours très clairs, et qui nous perdent un peu dans la chronologie le temps d’un épisode (mais je n’aime pas les flash back de manière générale). Un choix de montage qui en séduira plus d’un et qui, après deux épisodes, s’avère efficace pour maintenir le suspense.

Le roman de Stephen King avait joué sur nos nerfs (relire mon avis) et la série a l’intention de faire de même. L’ambiance froide, calme, presque lente, crée une ambiance oppressive dans laquelle tout peut arriver. Et elle a une capacité impressionnante à accentuer le drame en choisissant de ralentir et baisser le volume à des moments clés, forts, violents, habituellement traités en télévision à grands fracas.

Il se passe beaucoup de choses dans ces deux premiers épisodes, fidèles à ce que Stephen King a écrit si ce n’est pour quelques détails et le fils des Anderson dont j’ai déjà parlé. À part peut-être aussi pour le doute, qui ne semble pas vouloir perdurer dans la série alors que la caméra attire le regard sur les éléments de surnaturel que Stephen King nous glissait entre deux lignes, cherchant presque à les faire passer inaperçu dans les premières parties du roman. Les éléments de surnaturel dont il parlait ici :

The Outsider est un thriller sans chichis. Dur, cruel et cru, comme le sont les romans de Stephen King.

Le format mini-série est définitivement un format qui convient à Stephen King. S’il est tôt pour se prononcer sur l’intégralité de l’adaptation de L’Outsider, elle prend en effet le chemin d’une adaptation de qualité : qui se débarrasse de ce qui est trop littéraire mais reste très fidèle. Une fois de plus, les showrunners de True Detective ne déçoivent pas.

Espérons qu’elle tiendra le rythme pour les 8 épisodes restant, que l’on puisse définitivement briser la malediction des adaptations ratées de Stephen King.

Que la traque au meurtrier commence.

“Quand toutes les explications rationnelles sont épuisées, ne reste que la piste de l’irrationnel, l’inexplicable et l’invisible: un univers sans fin et sans limite, car ce n’est pas parce qu’on ne croit pas ou qu’on ne le voit pas, qu’il n’existe pas…”

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