Aussi prolifique soit-il, un nouveau roman du Maître Stephen King est toujours un événement. Attendu de tous, L’Outsider est publié le 30 janvier aux éditions Albin Michel. Est-ce un bon King ? Puisque vous me demandez souvent ce que j’ai pensé des livres de King, voici une rapide critique de L’Outsider, sans dévoiler plus que ce qu’on a déjà dit ici (notamment dans l’article sur Les origines de L’Outsider).

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Définitivement, King sait y faire dans les chasses au tueur façon Mr Mercedes. Avec L’Outsider, vous partirez sur les traces du double de Terry Maitland, ce coach de baseball ultra populaire de la ville de Flint City qui est accusé du meurtre violent, barbare, d’un jeune garçon.

Tout l’accable : plusieurs témoins, ses empreintes mais aussi et surtout son ADN sont retrouvés sur le lieu du crime et sur le corps du pauvre garçon. Pourtant, les preuves qu’il était à des centaines de kilomètres au moment du meurtre sont elles-aussi irréfutables.

Les personnages et “la collectivité”, attachants voire bouleversants, sont une fois de plus le point fort de ce roman de Stephen King. Comment se comportent les habitants d’une ville quand sa figure la plus populaire est accusée du meurtre obscène d’un des enfants qu’il coachait ? Il n’y a que King pour entrer ainsi dans la peau des gens, comprendre comment ils fonctionnent et écrire des personnages aussi forts que celui de Terry Maitland, sa femme, ou Ralph Anderson le policier en charge de l’enquête. Même si pour une fois ce roman ne se passe pas dans le Maine qu’il connaît et décrit si bien habituellement.

Les scènes décrites avec précision sont marquantes et certaines risquent de vous hanter. L’intrigue bien ficelée vous attrape dès les premières pages : King entre direct dans le vif du sujet et on aime ça.

Stephen King une fois de plus se sert de sa plume pour critiquer le système judiciaire américain, et entre dans la tête des auteurs de bavures. Pour autant il n’oublie pas qu’il y a parfois de bonnes exceptions, des hommes dont le bénéfice du doute sauve la mise à d’autres hommes qui n’ont rien demandé… ou pas. Car le sentiment d’injustice est fort dans L’Outsider, et n’est pas sans rappeler certaines thématiques de Rita Hayworth et la Rédemption de Shawshank. La revanche en plus.

“Quand toutes les explications rationnelles sont épuisées, ne reste que la piste de l’irrationnel, l’inexplicable et l’invisible: un univers sans fin et sans limite, car ce n’est pas parce qu’on ne croit pas ou qu’on ne le voit pas, qu’il n’existe pas…”

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