Later sera publié en anglais le 2 mars. A cette occasion Stephen King a parlé dans une interview de crime, de créativité, et évidemment de Later. Voici ma traduction.

Stephen King ne se voit pas comme un auteur d’horreur. Ça tombe bien, moi non plus. J’ai toujours trouvé que ses histoires même « horrifiques » parlaient d’autre chose et qu’il souffrait de cette étiquette collée surtout à cause de ses adaptations : les films et séries ne rendent pas justice à la profondeur des personnages qu’il crée. Son écriture est incarnée, à l’écran on perd les dialogues internes qui sont le réel sujet de ce qu’il écrit : l’horreur intérieure. L’horreur extérieure n’est qu’un prétexte.

« Mon opinion a toujours été que vous pouvez m’appeler comme vous voulez tant que je suis payé pour ce que je fais. Mon idée est de raconter une bonne histoire, et si elle traverse certaines lignes et ne correspond pas à un genre en particulier, tant mieux. »

Et c’est le cas avec Later, qui sera publié chez Hardcase Crime (en anglais donc) le 2 mars. C’est un polar, une histoire de crime sur fond de surnaturel. Jamie Conklin revient sur son enfance, élevé par une mère célibataire, une agent littéraire new-yorkaise. Comme beaucoup d’enfants chez King, Jamie a des pouvoirs : non seulement il peut voir les morts, mais lorsqu’il leur pose des questions, ils sont obligés de dire la vérité.

Dans Later il y a aussi un romancier à succès et son livre posthume, ainsi qu’une détective de la police qui est pendant un certain temps la petite amie de la mère de Jamie.

King a toujours beaucoup d’idées pour des histoires, et en a généralement trois à quatre « sont à moitié cuites, un peu comme un moteur et pas de transmission ». Il n’écrit pas ses idées car, dit-il, si quelque chose est assez bon, il est peu probable qu’il l’oublie.

Pour Later il a commencé avec l’idée d’un agent littéraire qui doit terminer le manuscrit de son défunt client, et il a pensé à avoir un enfant qui communique avec les morts. Il a ensuite décidé que la mère avait besoin de ne pas être seule.

« Et je me suis dit ‘Tu sais quoi, je vais faire de cette relation d’amour entre femmes.’ Puis je me suis dit : ‘Flic, le flic est un ripoux’ et tout s’est mis en place », explique King.

King, qui publie l’essentiel de son travail chez Simon & Schuster, fait partie de l’histoire fondatrice de Hard Case Crime. En 2004, Charles Ardai et Max Phillips lancent une collection de livres pour « faire revivre la fiction pulp dans toute sa splendeur sinistre du milieu du siècle ». Dans l’espoir d’une certaine publicité, ils ont écrit à King et lui ont demandé un blurb. Un représentant de l’auteur a appelé et a déclaré que King ne voulait pas écrire un blurb pour Hard Case Crime, il voulait contribuer avec un livre. C’est comme ça que Hard case Crime a publié Colorado Kid.

« Je me suis assis à l’autre bout du téléphone pendant que ça se passait et j’ai essayé de paraître cool, comme si c’était le genre d’appel téléphonique que je recevais tous les jours et deux fois le vendredi », a écrit Ardai dans une introduction à Colorado Kid. « Mais à l’intérieur, je faisais des pirouettes. »

Les passions de King incluent également la politique et l’actualité, et au cours des dernières années, il a régulièrement tweeté son mépris pour Donald Trump. Mais il doute que le départ de Trump ait un effet sur son travail. La fiction a été une « évasion » de la politique, dit-il, pas un forum.

Interrogé lors de son interview pour évaluer sa propre écriture, King, fan de baseball, se compare à un lanceur vieillissant mais débrouillard.

« Je me suis amélioré à certains égards, mais vous perdez un peu de l’urgence. Quand j’avais une quarantaine d’années, les idées étaient comme des gens qui se coinçaient dans une porte coupe-feu pour sortir. Il y avait tellement d’idées, et vous aviez hâte d’arriver jusqu’à la machine à écrire, et une fois là les mots coulaient. »

King termine par une dernière métaphore baseballistique : « De nos jours, vous avez presque le sentiment que les gens regardent par-dessus votre épaule et qu’ils ont tendance à être un peu plus critiques. Vous ralentissez un peu. Je sais que je vieillis. J’ai perdu la vitesse d’une balle fulgurante et je commence à compter davantage sur mes changements et mes courbes et à être un peu plus prudent. »

Later devrait être publié en France en novembre.

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