Avec l’arrivée de The Stand, l’adaptation en série de Le Fléau (le 3 janvier en France), Stephen King revient pour le NY Times sur quelques unes de ses adaptations télévisées.

Chris Helcermanas-Benge/Walt Disney Television, via Getty Images

Côté cinéma, il y a plus de mauvaises adaptations que de bonnes même si ces dernières sont souvent excellentes. Mais grâce à la durée plus longue offerte par une série, plusieurs des romans les plus compliquer à aborder de King se sont révélés mieux adaptés à la télévision qu’au cinéma.

« C’est ce qu’il y a de génial avec la télévision » a déclaré King au téléphone avec le NY Times, « vous pouvez prendre les bases telles qu’elles sont et développer davantage. »

Avec une nouvelle adaptation de l’un des romans les plus longs et les plus complexes de l’auteur, Le Fléau, arrivant jeudi sur CBS All Access et le 3 janvier en France, King nous parle des meilleures et des pires adaptations de ses histoires pour la télévision.

Ça, il est revenu (1990)

La première adaptation de Ça s’est faite pour la télévision, en un téléfilm en deux parties qui a traumatisé des générations.

« J’ai beaucoup aimé et je trouvais que Tim Curry faisait un excellent Grippe-Sou. Cela a effrayé beaucoup d’enfants à cette époque. »

Et à propos de l’adaptation cinéma sortie en deux chapitres en 2017 et 2019 : « Une des raisons pour lesquelles le film a été un grand succès est que les enfants se souvenaient de l’avoir vu à la télévision. Alors ils sont allés voir le nouveau. »

Les Tommyknockers (1983)

« Je ne l’ai pas aimé, je m’en fichais complètement ». La star Jimmy Smits est « un bon acteur » mais pour son rôle du poète alcoolique, « on lui a donné un tas de répliques vers prétentieuses et sinistres. » Et au bout de de trois heures, King a estimé que la mini-série « aurait dû être beaucoup plus longue ».

« Ce n’était pas de bonne qualité. J’avais l’impression qu’ils manquaient le sens du livre. »

Le Fléau (1984)

CBS, via Getty Images

Le scénario est de King lui-même pour cette mini-série réalisée par son ami et collaborateur fréquent Mick Garris.

« Mick a tout dirigé et j’ai tout écrit, donc il n’y a jamais eu de sentiment d’inégalité dans la façon dont les équipes travaillaient – il y avait un seul style tout du long. Mick a adoré le livre et s’est consacré à l’idée que nous ferions tout le livre, ce que nous avons fait. ABC a dépensé beaucoup d’argent là-dessus. »

Les Langoliers (1995)

ABC

« Ils sont venus à Bangor pour filmer ça », se souvient King. « J’aimais ça parce que ça rapportait de l’argent en ville, et j’aimais le scénario. Je ne me souviens pas si j’ai écrit ça ou pas. Je l’ai écrit ? »

Contrairement à d’autres téléfilms en plusieurs parties, King n’a pas écrit le scénario : c’était Tom Holland, qui a aussi réalisé. « Eh bien, j’y ai joué » se remémore King qui y a en effet fait un de ses nombreux caméos.

The Shining (1997)

King est en colère contre l’adaptation de Kubrick de 1980, maintenant tout le monde le sait. C’est pour ça qu’en 1997 il sort sa propre adaptation (il en a écrit le scénario) réalisée par Mick Garris : un téléfilm en 3 parties de 87 minutes chacune.

« Disons les choses de cette façon. Je ne l’ai jamais aimé. J’admire le film, et j’admire Kubrick en tant que réalisateur, une info qui se perd parfois quand des gens qui aiment absolument ce film me prennent à partie. J’adore Kubrick en tant que cinéaste, mais je sentais juste qu’il n’avait pas les épaules pour cette histoire en particulier. « 

King critique notamment le choix de Jack Nicholson pour jouer Jack Torrance : « il est fou dès le départ ». Mais King déclare que Steven Weber, la star de la série ABC, a mieux saisi le personnage. « Il savait ce qu’il était censé faire: il était censé exprimer son amour pour sa famille, et que l’hôtel submerge progressivement son sens moral et son amour pour sa famille. »

King a également salué la performance de Rebecca De Mornay dans le rôle de Wendy Torrance, qu’elle « joue de la façon dont elle est écrite dans le livre », c’est pour lui « la vraie raison pour laquelle j’aime cette mini-série ».

La Tempête du Siècle (1999)

Virginia Sherwood/ABC

La Tempête du Siècle n’est pas une adaptation, mais une mini-série originale que King a écrite pour NBC. C’est aussi, a-t-il dit, son couronnement télévisuel. « C’est mon préféré de tous », dit-il.

« J’ai adoré Colm Feore en tant que Linoge, et j’ai adoré l’histoire. Ils l’ont filmée à Southwest Harbor dans le Maine en hiver et ils ont eu la neige, donc vous avez une idée de ce blizzard impressionnant et des gens qui y sont piégés. Ils ont fait un travail formidable. »

Rose Red (2002)

King a écrit Rose Red, un autre projet directement pour la télévision, alors qu’il se remettait de l’accident qui a failli lui coûter la vie en 1999. « J’avais très mal, mais je me disais que j’aimerais rendre hommage à Shirley Jackson », se souvient-il. Le résultat est une mini-série d’histoires de fantômes pour sur ABC, dans l’esprit de The Haunting of Hill House de Jackson. La production a rencontré beaucoup de problèmes, y compris la mort de l’acteur David Dukes, et au final, « Je n’ai pas été satisfait de la façon dont cela s’est passé », dit King.

« Rose Red n’a pas eu le même sursaut qu’a eu La tempête du siècle. Une partie du jeu d’acteur était un peu … bon, c’était peut-être à cause l’écriture. »

Under the Dome (2013)

Michael Tackett/CBS

« Les premiers épisodes étaient super. Mais le truc, c’était que CBS voulait essentiellement du pain de viande – rien de trop difficile à faire, qui remplit et vous cale pour quelques heures. »

Au fur et à mesure que la série a progressé, « elle a déraillé » pour finalement « sombrer dans la médiocrité complète ». Non pas qu’il en soit particulièrement troublé.

« C’était triste, mais cela ne m’a pas dérangé. J’ai arrêté de regarder après un certain temps parce que je m’en foutais complètement. »

Mr Mercedes (2017)

« C’était comme si nous amener un spectacle créé pour un stade, mais dans un café. J’ai beaucoup aimé, mais personne ne l’a vu. »

Aux Etats-Unis, les trois saisons de la série ont récemment été reprises par NBC et sont diffusées sur sa plateforme Peacock : « Et merci à Dieu pour cela. Les gens peuvent la voir désormais. »

Castle Rock (2018)

Dana Starbard/Hulu

Castle Rock diffère des autres adaptations à la télé de King puisque ce n’est pas réellement une adaptation de l’une de ses histoires, mais une sorte de fusion de ses personnages, thèmes et décors.

« J.J. Abrams m’a approché et m’a dit qu’il voulait utiliser la ville fictive de Castle Rock comme une zone de rassemblement pour prendre certains de mes personnages et – cela peut sembler grandiose de l’appeler ainsi – de mon mythe. Les personnes impliquées étaient de grands fans des livres et j’ai beaucoup aimé ce qu’ils ont fait. »

Hulu a annulé la série après deux saisons – au moment même où elle trouvait son rythme, a soutenu King. « Dans la deuxième saison, ils se sont vraiment stabilisés. J’aurais aimé la voir continuer et grandir un peu. »

The Stand (2020)

Robert Falconer/CBS

The Stand, la nouvelle adaptation du Fléau (en France le 3 janvier) est très attendue, et même King n’a pas vu le résultat final.

« J’ai vu des ébauches, et je ne peux pas encore vraiment vous donner d’avis, sauf pour dire qu’il était intéressant de voir l’histoire portée au 21e siècle et de voir certains des changements qui ont été apportés. »

Un changement, considéré par King comme une nette amélioration, concerne le casting et la diversité des personnages. « Le roman était très blanc; la mini-série était très blanche. Ils ont fait quelque chose de multiculturel, et c’est parfaitement logique. »

Il a également contribué à une nouvelle fin – qu’il ne révélera pas. « J’ai toujours su qu’il y avait une chose que j’avais à dire dans ce livre, une scène de plus que je voulais écrire, et je l’ai finalement fait. Et j’en suis content. »


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