The Stand a débuté sur CBS All Access le 17 décembre 2020. Elle arrivera en France sur Starzplay le 3 janvier. Que penser de The Stand, la nouvelle adaptation du Fléau ? Voici mon avis.

Evidemment, la suite ne spoile pas l’histoire mais la construction de la série et les quelques différences avec le roman. Ne lisez pas si vous voulez vous garder la surprise.

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La série The Stand est très attendue puisqu’elle arrive dans un contexte inédit de pandémie et de crise politique aux Etats-Unis (là où se passent les événements de l’histoire). Mais comment traiter une telle histoire (99% de la population mondiale meurt suite à une épidémie de « super-grippe ») dans le contexte du Covid-19 ? The Stand peut-elle être une bonne série ?

Plusieurs choix logiques ont été faits. On le savait, la structure chronologique du roman a changé : elle n’est pas racontée de façon linéaire, mais avec des allers et retours à différents moments de l’histoire qui vont vous demander de garder votre attention pour savoir quand on se situe. Vous voulez une série à suspens ? C’est loupé : on comprend rapidement comment les personnages présentés vont évoluer puisqu’on les croise à plusieurs périodes.

Tant pis pour le suspens, après tout ce n’est pas non plus la force de Stephen King qui dans chaque roman aime annoncer la mort de ses personnages quelques chapitres en avance. Bonne surprise : déjà beaucoup d’émotion présente, de par l’interprétation des personnages mais aussi par le contexte actuel qui, comme les protagonistes, nous rend nostalgique du monde d’avant. Aussi, quelques éléments de stress font écho à la situation actuelle, peut-être pas tout à fait anticipés car le tournage de la série a débuté avant la pandémie : des gens qui toussent, des bulletins d’info inquiétants, des théories du complot…

Deux autres changements dont Stephen King a parlé ici et qu’il approuve pleinement : les événements se passent de nos jours avec la technologie que cela implique, mais surtout cela justifie d’avoir pu avoir un casting avec plus de diversité (le roman et la première adaptation étaient trop blancs, d’après King, et je ne pourrais être plus d’accord).

Et mon premier point positif est là : quel plaisir de trouver une série qui n’a pas peur de s’éloigner du matériau d’origine pour respecter les préoccupations actuelles, sans pour autant trahir le roman. Parce que The Stand est on ne peut plus proche du Fléau de King malgré ses quelques libertés. La série est bien ce qu’elle est : une adaptation, une interprétation, une histoire qui doit vivre dans une autre époque à travers le regard des deux créateurs (Joshn Boone et Benjamin Cavell). Et qui ferait en 2020 une adaptation d’une histoire publiée 42 ans plus tôt sans rien en changer ? Et en espérant qu’elle ait du succès ? Pas moi.

Même si certains personnages manqueront à l’appel, comme The Kid, je partage l’avis que même pour un format de 9 fois 1h, on ne peut pas tout mettre. Tant pis pour The Kid, King l’avait de toute façon déjà mis de côté dans le scénario de l’adaptation réalisée par Mick Garris. Mettre de côté quelques personnages, cela permet d’installer ceux qui sont vraiment importants et le premier épisode joue bien le jeu en prenant le temps de nous présenter quelques personnages essentiels, de nous faire comprendre leur histoire et surtout… leurs motivations pour choisir leur camp.

Parce que The Stand se concentre sur l’après : que font les survivants ? Qui rejoint Randall du mauvais côté et qui Mère Abigail du bon ? Et c’est bien ça, le sujet du roman de King, dont le titre en français se traduit par « la résistance » : le sujet, ce n’est pas la maladie. Le sujet, c’est ceux qui restent, qui résistent, pour bâtir une société meilleure en apprenant des erreurs du passé ou au contraire, pour céder aux sombres impulsions et dominer le monde. Et ça, la série semble l’avoir bien compris en jonglant assez habilement entre les images de propagation du virus et celles d’organisation de « l’après », glissant des indices sur l’évolution des événements.

En parlant d’indices, avez-vous repéré des easter eggs et références à Stephen King ? Je vous les recense ici !

J’espère une chose : que la série ne mettra pas trop de temps à installer tous les personnages, car 9 épisodes, au final, ça va aller très vite… Il va falloir trouver un équilibre, ne pas trop s’attarder au début pour précipiter la fin car si le King le fait bien souvent à l’écrit, je ne suis pas certaine qu’à l’écran ce soit très efficace.

Si je pouvais regretter des choses ce serait d’abord le choix de Whoopi Goldberg pour Mère Abigail, je n’arrive pas à voir le personnage je ne vois que Whoopi.

J’ai eu de bonnes surprises : la série est moins lisse, moins proprette que ce que je percevais avec toutes les photos qu’on a pu voir. La direction musicale, elle aussi, est plutôt bonne.

En somme, c’est jusqu’ici une bonne série, une bonne adaptation. Marquera-t-elle les mémoires ? Il est encore trop tôt pour le dire. Il n’y a plus qu’à espérer que le cap soit gardé pour les 8 autres épisodes (dont le dernier est écrit par King qui nous livrera un épilogue inédit à son histoire) et qu’ils réussissent à retransmettre le réel coup de maître de ce roman : capturer une crise globale en racontant des petites histoires qui convergent pour former une seule grande réalité.


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