Je vous en parlais dans cette actu, à l’occasion de la parution en anglais de Gwendy’s Final Task, Stephen King et Richard Chizmar ont discuté en direct sur YouTube à propos de leur trilogie. Retrouvez ci-dessous la vidéo, puis ma traduction de ce qu’on a appris.

D’après King, Chizmar a sauvé Gwendy du tombeau mais ce dernier n’est pas d’accord : « je suis sûr qu’un jour ou l’autre tu aurais fini par y revenir ». Chizmar raconte les débuts de cette trilogie : alors qu’ils parlaient par email de l’éventualité de collaborer, King a évoqué une histoire qu’il n’avait jamais réussi à terminer, « le reste est flou dans ma tête ». Il a reçu le début de l’histoire le lendemain avec une note de King indiquant « fais-en ce que tu veux ».

King voulait que Chizmar termine cette histoire, il a donc commencé à travailler dessus. « Gwendy est venue de toi, c’était ta création » dit-il à King, qui lui explique qu’en effet il avait pensé à une petite fille de 12 ans qui vivait à Castle Rock et essayait de perdre du poids en courant dans « les escaliers du suicide ». « Elle rencontre cet homme étrange qui lui donne une boîte à boutons, qui a des boutons de couleurs différentes pour l’Asie, l’Australie, l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud… Ils font de mauvaises choses, et elle est supposée être la gardienne de cette boîte. J’adorais cette idée et ‘en avais une autre à propos d’un bouton rouge qui pourrait être le bouton pour n’importe quoi mais qui aurait toujours une conséquence mauvaise. Gwendy le teste et je me suis dit… si elle avait causé Jonestown ? »

C’est à partir de ce moment qu’il n’a pas su où pourrait aller l’histoire et où Richard Chizmar a pris le relai et écrit seul La Plume Magique de Gwendy, le deuxième tome. A sa lecture, King s’est dit que les aventures de Gwendy ne pouvaient pas s’arrêter là.

« J’ai commencé à recevoir des messages de toi qui disaient ‘et si Gwendy faisait ça ou ça' » et c’est comme ça qu’ils ont commencé à écrire cette troisième et dernière aventure : Gwendy’s Final Task.

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D’après ce que King explique, ça lui arrive rarement mais il avait l’histoire entière en tête et s’est dit que ça pourrait être le meilleur des 3 tomes.

Sur la façon dont ils ont travaillé ensemble, Richard Chizmar explique que c’était plus simple qu’il n’y paraît. Chacun écrivait et envoyait à l’autre qui écrivait à la suite. Robin Furth, assistante de recherches de King, les a aidés sur les sujets qu’ils ne maîtrisaient pas (notamment les voyages dans l’espace et tous les détails liés à cet aspect de l’histoire, « ça ne spoil pas puisque c’est sur la 4e de couverture »).

Richard Chizmar a connecté l’histoire à Derry, et King l’a connectée à des éléments de La Tour Sombre, comme j’en parlais ici. Mais pour King : « tu avais des ingrédients, j’en avais aussi, mais tout s’est mélangé, c’est impossible de dire qui a fait quoi ». Eux-mêmes ne sont plus sûrs d’avoir écrit tel ou tel paragraphe.

Chizmar rappelle que King a déjà co-écrit avec d’autres auteurs : ses deux fils Joe Hill et Owen King, mais aussi Peter Straub et Stewart O’Nan. « Le mieux dans la collaboration c’est que la saveur est chaque fois différente. J’ai écrit environ 65 livres, et ça a une certaine saveur, que j’essaye de changer évidemment. Changer un peu le style, les textures, la narration, tout ça… Mais ça sort quand même de ma tête. » Chacune de ses collaborations sont des « expériences fabuleuses aux saveurs différentes ».

Il a aimé travailler avec Chizmar parce qu’il comprend les « gens normaux, ceux de la vie de tous les jours », et parce que c’est un professionnel. « On ne s’est pas mis de contraintes, on avait la liberté de faire ce qu’on voulait. » résume Chizmar tout en rappelant qu’il ne sait toujours pas d’où lui est venu le courage d’emmener l’histoire à Derry, ville fictive de King importante dans son multivers.

« On savait où on devait amener cette histoire » ajoute King. « Cette histoire se suffit à elle-même, mais est enrichie par les deux autres. On ne savait pas comment ça allait se terminer, et ça fait partie du frisson de la collaboration. Si on ne sait pas, les lecteurs ne sauront pas non plus. » Chizmar s’est beaucoup amusé à l’écriture de ce livre, « c’est le genre de livre qui me donne envie de lire ».

« Le but d’une bonne histoire est de permettre aux lecteurs d’oublier leur vie et leurs problèmes pendant un moment. Je pense que c’est le cas avec Gwendy et j’en suis très heureux. » ajoute King.

Ils parlent ensuite du format livre audio que King aime beaucoup, et il aime particulièrement le fait qu’on ne sait pas ce qui arrive après ce qu’on est en train de lire, on ne peut pas voir que sur le reste de la page c’est du dialogue, ou de la narration. « Et ils ne pardonnent rien aux auteurs. On entend tout : le bon, le mauvais, et le moche. Une erreur, une répétition, une rime inconsciente, tu entends tout ça. Et j’adore parce que quand ils sont bons, ils sont par conséquent vraiment excellents. »

King s’est interessé aux livres audio très tôt car ils permettent de faire subsister la transmission orale des histoires. Comme ça l’était à l’origine.

Sur les raisons qui font qu’il aime toujours autant lire (ou écouter) et écrire de la fiction, King revient à ce qu’il disait à propos des lecteurs et lectrices : ça lui permet de sortir de sa cage. De s’évader de sa routine et de l’attendu. « Et j’aime monter une situation inhabituelle qui me ferait me demander ce que je ferais, si je me retrouvais dans cette situation. Mais aussi, qu’est-ce que ça fait aux gens de se retrouver dans de telles situations, des situations terribles. Parce qu’on affronte tous des choses horribles au cours de notre vie. ».

Une question au centre de la trilogie Gwendy : et vous, seriez-vous capable de résister à la tentation d’appuyer sur le bouton ?


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