Depuis des semaines il est aisé de faire le lien : la pandémie de coronavirus Covid-19 est beaucoup comparée aux événements du Fléau de Stephen King. Si je pense qu’on ne peut pas tout comparer entre les deux virus, qu’en pense l’intéressé ?

Stephen King a été interviewé aujourd’hui en direct sur CNN à propos du Fléau, du coronavirus et de ce qu’il se passe en Floride (où il réside l’hiver), alors que son prochain livre a été avancée d’une semaine. Il se trouve actuellement dans sa maison de Floride, à Sarasota, et semble aller bien ! Ci-dessous la vidéo suivie de ma traduction.

Présentateur : Que pensez-vous du fait qu’on soit peut-être tous en train de vivre dans quelque chose de plus effrayant que n’importe quel roman ait pu imaginer ?

Stephen King : En fait moi je l’ai imaginé. Ces deux ou trois dernières semaines les gens m’ont dit ‘on vit dans un monde de Stephen King’ et tout ce que je peux répondre c’est que j’aimerais que ça ne soit pas le cas. Ça nous pendait au nez depuis longtemps, j’ai écrit Le Fléau qui est à propos d’une pandémie qui tue une grande partie de la population. Dieu merci celle-ci n’est pas aussi mauvaise mais je l’ai écrit en 1979 et depuis, ça attendait simplement pour arriver. Le fait que personne ne semble préparé me rend toujours perplexe.

Présentateur : Ça rend perplexe. On a vu beaucoup d’échecs de leaders politiques mais parlons de ce qui se passe dans votre Etat. Le gouverneur de Floride s’est plaint auprès de Trump des New-Yorkais qui fuient en Floride, le Président s’est amusé de l’idée de quarantaine et a évincé le gouverneur. Quelle est votre réaction face à ce type de leadership ?

Stephen King : Vous savez, c’est quasi impossible de comprendre. Je me souviens dans les années 70 quand les Républicains se sont moqués de Jimmy Carter car il était indécis et insipide. Le président que nous avons maintenant, et pareil pour le gouverneur Ron DeSantis ici en Floride, ils sont censés être ceux qui prennent des responsabilités, qui prennent en charge, ceux que vous voulez en charge quand quelque chose se passe vraiment mal parce qu’ils ne parlent pas pour rien dire. D’abord Trump a dit que ‘ce n’est pas sérieux, ne vous en faites pas tout va bien aller’ et quand la bourse a commencé à s’effondrer la réalité de ce qui se passe a frappé. Il en parle en sous-estimant la gravité, en disant que tout va bien aller et qu’à Pâques on aura les églises pleines, et deux jours plus tard il parle de quarantaine, Andrew Cuomo ne le savait pas, personne ne savait, ça lui est juste venu à l’esprit !

Présentateur : Chaque jour c’est une nouvelle idée. Des journalistes du Miami Herald et du Tampa Bay Times ont essayé de se rendre à la conférence de presse du gouverneur hier et y ont été interdits. C’est très perturbant. Que croyez-vous que le gouverneur pense, que fait-il ?

Stephen King : Je ne suis pas sûr… Il est en retard. Toute cette situation est comme si la porte de la grange était verrouillée alors que le cheval a été volé il y a déjà dix jours. Au lieu de mettre en quarantaine la Floride, le message c’est ‘restez chez vous si vous le voulez vraiment, mais bon si vous devez sortir eh bien pas de problème’ parce qu’il faut faire tourner l’économie. Je vois des gens dans les rues tout le temps ici, ils marchent ensemble ils parlent ensemble. Je dois dire qu’il y a eu un très mauvais exemple de donné. Ce qui me reste à l’esprit c’est que tous ces gens se sont rassemblés dans le bureau ovale lors de la signature du président Trump du bailout (renflouement, ndlt), on peut appeler ça comme ça. Ils sont tous là côte à côte et moi la seule chose à laquelle je pouvais penser c’est : ‘imaginons que tout le monde aie une cigarette’, on parlerait de la même probabilité de dommages. C’est un très mauvais exemple. Mais il y a un sous-texte à tout ça, quand les gens au pouvoir disent ‘vraiment ne vous en faites pas trop’ et s’ils continuent avec cette attitude, les gens vont y croire.

Présentateur : Et plus de personnes qui n’ont pas à mourir, vont mourir. Si ces échecs de leadership continuent.


Stephen King avait lui-même partagé un chapitre de son roman Le Fléau il y a quelques jours pour dénoncer l’inactivité du gouvernement :

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