Le 29 janvier 2020 est publié aux éditions Albin Michel le nouveau roman de Stephen King : L’Institut. Voici mon avis sur le nouveau Stephen King, sans spoilers.

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Si vous êtes habitué·e à lire du Stephen King vous ne serez pas déçu·e·s, il y a dans L’Institut tous les éléments qui pourraient définir King si on essayait de faire les portraits robots de ses histoires.

D’abord, l’histoire du jeune Luke Ellis, enlevé chez lui en plein milieu de la nuit. Ce garçon doté de capacités intellectuelles hors du commun se réveille dans une chambre qui est une copie conforme de la sienne, sauf qu’elle n’a pas de fenêtre. Il est en fait à “L’Institut”, avec d’autres enfants, eux aussi arrachés aux siens, sur lesquels des adultes font des expériences scientifiques… Certains passages n’étant pas s’en rappeler les récits de nos livres d’histoire sur les camps de concentration. Glaçant.

Stephen King est toujours aussi doué avec les histoires d’enfants et celle-ci me fait penser à un subtile mélange entre Ça et Charlie. On peut remercier ses petits enfants qui lui servent d’inspiration et de modèle pour être toujours aussi juste avec des personnages principaux aussi jeunes. D’ailleurs, le livre leur est dédicacé.

Ensuite, il a le format d’un Stephen King. Même s’il a fait plus long (608 pages chez Albin Michel), le récit est mené de façon à ce qu’il ne se passe pas trois actions par page. L’art de Stephen King est d’instaurer une ambiance, nous faire plonger dans un univers et si L’Institut aurait pu rapidement être lassant, il ne l’est pas : il est totalement immersif et pour une fois, les personnages ne sont pas trop nombreux.

Stephen King a su trouver le bon équilibre, jusqu’au dénouement qui, une fois n’est pas coutume, peut s’avérer un peu rapide. C’est là encore la marque de Stephen King,peut-être une de ses plus critiquables, mais si la fin de L’Institut est rapide par rapport au reste du récit, elle n’en est pas moins très intéressante. J’y reviendrai.

On peut citer également la cruauté et surtout le profond sentiment d’injustice qui transpire de ce roman, comme souvent chez l’auteur. Hasard de l’actualité, L’Institut a été publié quand Donald Trump enfermait des enfants dans des cages à la frontière qui sépare les Etats-Unis du Mexique.

J’ai pris beaucoup de plaisir à lire L’Institut mais il faut dire que j’aime tout particulièrement les histoires de Stephen King quand il y a des enfants. J’ai surtout été marquée par la fin et c’est par elle que l’on tient un excellent King. Je vais largement la spoiler juste après, alors ne dépliez pas la balise qui suit si vous ne voulez pas trop en savoir :

A propos de la fin de 'L'Institut'
Elle est étonnante, cette fin. On pourrait presque la qualifier de twist. Je crois que c’est une des premières fois qu’elle me fait autant questionner tout ce que je viens de lire. J’en tire plusieurs morales, qui me semblent toutes assez pessimistes. La fin justifie les moyens, dans “L’Institut”. Les atrocités qui subissent ces enfants ont une raison qui est valable si on est partisan de sacrifier une minorité pour sauver la vie d’un plus grand nombre. Pour Stephen King, on ne connait jamais l’envers du décor de ce que l’on voit, on n’a pas tous les éléments en main pour juger. Ce qu’on pense être mal est peut-être bien. Et inversement, par conséquent. Enfin, pour Stephen King, l’avenir de ce monde ne tient qu’à un fil, on en viendrait presque à espérer que cet Institut, qu’on a détesté pendant des centaines de pages, existe réellement pour nous sauver.

J’ai lu L’institut en anglais et une chose est certaine, j’ai hâte de le relire en français pour me plonger une deuxième fois dans cette histoire.

Pour patienter jusqu’à sa sortie le 29 janvier, je vous invite à revoir cette vidéo avec Joe Hill dans laquelle il parle de L’Institut, et que je vous ai traduite (activez les sous-titres) :

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